Qu’est ce que la Châtaigne d’eau (Trapa natans) ?

La châtaigne d’eau est une plante originaire d’Eurasie détectée pour la première fois au Québec en 1998 dans la rivière du Sud en Montérégie. Celle-ci est une plante annuelle composée d’une tige submergée et d’une ou plusieurs rosettes flottantes. La rosette est composée de feuilles dentelées et triangulaires. La châtaigne d’eau produit des noix de 3 à 4 cm ayant une forme caractéristique de l’espèce; celle-ci est composée de quatre épines et reste viable de quatre à cinq ans dans les sédiments et, dans de rares cas, elle pourrait survivre jusqu’à 12 ans. La châtaigne d’eau peut s’adapter à toutes sortes de conditions, mais celle-ci préfère les eaux calmes, peu profondes et riches en nutriments.

Localement, elles forment des tapis flottants denses laissant peu d’espace aux plantes indigènes, ce qui peut nuire à leur croissance et survie. En effet, la plante exotique bloque l’accès à la lumière aux plantes indigènes, affectant ainsi leur développement. Dans certaines conditions, on peut aussi observer une réduction de l’oxygène dissous dans l’eau, ce qui pourrait nuire à la faune de ce secteur. La châtaigne d’eau peut donc avoir un impact considérable sur la biodiversité végétale et animale dans les secteurs envahis.

Outre les impacts importants au niveau de la biodiversité, la châtaigne peut réduire considérablement la qualité des activités de plaisance dans un plan d’eau affecté. En effet, la baignade, les activités de pêche et la navigation de plaisance peuvent être difficiles, voire impossibles en présence de colonies de tailles importantes et de fortes densités. La forme atypique et épineuse de la noix de cette plante peut aussi entraîner des blessures aux plaisanciers qui marcheraient sur une noix dans les sédiments.

 Pour finir, la châtaigne d’eau peut entraîner des pertes au niveau financier de diverses natures. En effet, la réduction de la qualité de plusieurs activités de plaisance peut nuire à certaines entreprises. La perte de biodiversité ainsi que la réduction de la qualité de l’habitat peuvent sérieusement affecter la pérennité des ressources halieutiques, mais aussi sa productivité. La pêche commerciale et sportive dans les secteurs affectés par cette plante envahissante pourrait donc subir les impacts d’une grande infestation.

Crédit photo: COGESAF, 2019
Crédit photo: COGESAF, 2019

Deux projets, deux objectifs

En 2019, le MELCC a mandaté le COGESAF afin de compléter la caractérisation de la rivière Saint-François, de l’embouchure sur le lac Saint-Pierre jusqu’au barrage Hemming à Drummondville en plus de quelques kilomètres en amont de celui-ci. Cette caractérisation consistait à la détection de plantes aquatiques exotiques envahissantes présentes dans les secteurs propices à l’implantation de celles-ci dans la portion de la rivière Saint-François à l’étude.

 À la suite du projet de détection de plantes aquatiques exotiques envahissantes exécuté à l’été 2019 par le COGESAF et ses partenaires, plusieurs colonies de châtaignes d’eau ainsi qu’une multitude d’individus éparpillés sur une vingtaine de kilomètres de la rivière Saint-François ont été détectés. Le COGESAF et ses partenaires désirent donc contrôler le plus rapidement possible cette PAEE afin de limiter sa propagation et même l’éradiquer. Pour plus de détails, voir le rapport Étude d’avant-projet de lutte contre la Châtaigne d’eau (Trapa natans) sur la rivière Saint-François

L’équipe du COGESAF a donc élaboré un projet de lutte à la châtaigne d’eau, comme mentionné dans le rapport cité ci-haut. Ce projet devrait débuter à l’été 2020, si le financement est accepté par tous les partenaires financiers. Actuellement, la Fondation de la Faune du Québec a donné son appui au projet. Ce projet devrait s’étaler sur plusieurs années, mais la première phase consiste en un projet de 2 ans de travaux terrain et 3 ans de suivis qui permettront d’évaluer qu’elle est la meilleure stratégie à suivre. Il n’est pas exclu qu’une deuxième phase d’éradication soit entamée directement à la suite de la première, en fonction des résultats obtenus.

Si vous observez cette espèce exotique envahissante, veuillez nous en aviser via le PDE dont vous êtes le héros.

Il est également possible de communiquer avec nous par téléphone:

Nicolas Bousquet, Biologiste

Tel. 819-864-1033 poste 24