Présentation du COGESAF à l’ACFAS 2015

Présentation du COGESAF à l’ACFAS 2015

20 mai 2015 – Le 25 mai prochain à Rimouski, le COGESAF fera une présentation intitulée Savoirs locaux : piège ou richesse pour les plans directeurs de l’eau au Québec dans le cadre de l’ARUC-DCCSavoir locaux, savoirs scientifiques, il est parfois difficile de tracer la ligne entre les deux, mais l’intégration des savoirs locaux dans l’élaboration des plans directeurs de l’eau des organismes de bassin versant du Québec est incontestable. Certains en doutent. Le COGESAF s’y est penché lors de la réalisation du projet d’Intégration des savoirs locaux dans l’élaboration des plans directeurs de l’eau des OBV et en fait un constat rejoignant les assises même de la gestion de l’eau au Québec, soit le principe de gouvernance participative.

Le COGESAF a analysé ses propres façons de faire, ainsi que le PDE d’autres OBV pour se rendre à l’évidence que trois réactions sont possibles face à l’intégration des savoirs locaux soit ; Les intégrer dans le processus d’élaboration du PDE, mais sans identifier que ce sont des savoirs locaux; Les intégrer dans le processus d’élaboration du PDE en les nommant explicitement comme des savoirs locaux; Ne pas les intégrer dans le processus d’élaboration du PDE.

En fait, peu importe le choix, l’expérience et la littérature consultée concordent. Il est souhaitable d’intégrer et de consulter hâtivement les acteurs de l’eau, ce qui favorise l’engagement des participants dans un processus d’apprentissage social et améliore leur capacité à travailler en concertation et à s’approprier les problèmes et les solutions. De plus, cela aide à maintenir la mobilisation car les acteurs sont entendus et impliqués dans le choix des solutions. L’intégration des savoirs locaux sera d’autant plus bénéfique pour l’OBV si elle permet de réduire les écarts entre les savoirs scientifiques et les savoirs locaux et de minimiser les savoirs qui sont marginalisés, qu’ils soient locaux ou scientifiques. La véritable clé réside dans le principe de qualité, de quantité et de diversité des sources d’informations, peu importe leur nature.

Dans le cadre du projet, un outil sur l’Intégration des savoirs locaux dans l’élaboration des plans directeurs de l’eau des OBV a été produit. À l’intérieur de l’outil sont présentés des exemples très représentatifs de l’intégration des savoirs locaux avec identification claire dans le PDE de quatre OBV. Un rapport plus complet est également disponible.

Un outil pour l'intégration des savoirs locaux a été produit

Un outil pour l’intégration des savoirs locaux a été produit

En bref, le projet fait des recommandations :

1.Identifier et de reconnaître les mécanismes de collecte de l’OBV : tous les acteurs ont des opportunités égales de se prononcer;

2.Intégrer les savoirs locaux dans les PDE au même titre que les savoirs scientifiques en misant sur la quantité, la qualité et la diversité;

3.Il peut être intéressant d’identifier clairement les savoirs locaux dans les PDE, en retour avec les individus ou groupes permet d’encourager la participation et l’appropriation des solutions;

4.Poursuivre les recherches pour améliorer les processus d’analyses et d’intégration des savoirs locaux dans les processus d’élaboration des PDE.

Afin de mieux situer les notions dont il a été question dans le projets, voici la définition des savoirs utilisée

Savoirs scientifiques :

L’élaboration des plans directeurs de l’eau requiert la synthèse d’informations scientifiques, ou plus précisément « factuelles », soit tangibles, mesurables, etc. Ces informations sont généralement accessibles en consultant des rapports, des résultats d’inventaire, des publications relatives à un problème, des données numériques géoréférencées, etc. Dans le plan directeur de l’eau, ces informations sont regroupées en grandes catégories :

  • Données générales du bassin versant (Superficie, topographie, réseau hydrographique, etc.);
  • Données sur l’état de l’écosystème aquatique (Qualité de l’eau de surface et souterraine, approvisionnement en eau potable, débits, états des écosystèmes aquatiques, biodiversité, espèces indicatrices, érosion, qualité des bandes riveraines, etc.);
  • Données sur les usages (Prélèvements, rejets, utilisation du territoire, etc.);
  • Données issues de la planification dans le bassin versant (Schéma d’aménagement, règlements, plans régionaux de développement, etc.).

Savoirs locaux :

La définition des savoirs locaux issue de la sociologie est celle qui nous intéresse. Elle se décrit par la connaissance que des individus ou des groupes d’acteurs ont du milieu en fonction d’observations effectuées, de mesures ou de perceptions. Voici une liste non exhaustive d’exemples de savoirs locaux :

  • Observations d’occurrence de cyanobactéries, de niveau d’eau, d’apport de sédiments, de mauvaises pratiques, etc.;
  • Constats associés à de mauvaises données de qualité de l’eau;
  • Conflits d’usages;
  • Savoirs autochtones.

Le projet réalisé dans le cadre de l’Alliance Recherche Universités-Communautés – Défi des communautés côtières avait comme objectif d’Améliorer les connaissances en ce qui concerne les savoirs locaux à utiliser, à l’aide d’une démarche existante et déjà mise en place par le COGESAF, et son analyse afin d’y apporter des recommandations pertinentes qui permettront d’arrimer les savoirs locaux et scientifiques dans la mise à jour du PDE.

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