L’Université de Sherbrooke a déployé une équipe de recherche pour travailler sur l’enjeu de l’Impact des pesticides d’origine agricole sur la structure de la communauté aquatique des micro-algues et des cyanobactéries dans un climat en évolution. Plus précisément, le projet vise à comprendre la dynamique de pesticides dans le bassin versant de la rivière Tomifobia et dans le lac Massawippi (Qc, Canada) et leur impact sur les populations de phytoplancton présentes dans ces milieux – qui incluent les algues et les cyanobactéries – en conditions de climat actuel et futur. Ce projet s’est amorcé en 2013 et devrait se poursuivre sur quelques années.

Une des premières étapes de ce projet a été de modéliser les exportations de sédiments et de nutriments dans le bassin versant de la rivière Tomifobia dans un contexte de changements climatiques. Ce projet a fait l’objet d’un maitrise en génie civil par Alexandre Ste-Marie. La méthodologie employé par Alexandre se résume dans la figure suivante

Méthodologie utilisée par Alexandre Sainte-Marie

Méthodologie utilisée par Alexandre Sainte-Marie

L’état des connaissance sur les changements climatiques :

Les changements projetés des précipitations varient selon les saisons et les régions. Par contre, partout au Québec, les modèles climatiques s’entendent sur des hausses hivernales et printanières des cumuls de précipitations, ainsi que sur des augmentations estivales et automnales pour le Nord et le Centre.

Le débit des cours d’eau est influencé par de nombreux facteurs hydrométéorologiques tels que les précipitations, l’épaisseur du couvert de neige, la température, l’évaporation, le niveau de saturation des sols et la hauteur de la nappe phréatique. Les changements climatiques apporteront donc certaines modifications des débits en rivière. Pour l’horizon 2050, les principales tendances pour le sud du Québec sont les suivantes : crues printanières plus hâtives, diminution du volume des crues printanières, pointe des crues printanières moins élevée, pointe des crues estivales et automnales plus élevée, étiages estivaux plus sévères et étiages hivernaux moins sévères.

Les conclusions concernant les exportations de sédiments et de nutriments en climat futur :

ResultatsSteMarie

À la lumière de l’analyse statistique (tableau 4.19), il est possible de confirmer que dépendamment des saisons, les débits et les sédiments ne répondent pas exactement de la même manière aux projections climatiques. En effet, lorsqu’on observe l’impact des changements climatiques sur les débits estivaux et automnaux, il est impossible de déterminer une tendance qui soit statistiquement significative, tandis que pour les sédiments, les résultats montrent une augmentation non négligeable. Pour ce qui est de la période hivernale et printanière, les comportements sont similaires, soit une hausse à l’hiver et une baisse au printemps. Au niveau du bilan annuel, on constate une hausse statistiquement significative des débits et des exportations de sédiments. De plus, l’augmentation de l’exportation de sédiments est globalement plus importante que celles des débits. Tel que mentionné précédemment, cette différence peut s’expliquer par l’augmentation de l’intensité des précipitations. De plus, les analyses de variance confirment que les changements climatiques n’ont pas exactement le même effet sur les exportations de phosphore et des nitrates. En effet, puisque le phosphore se retrouve de façon plus importante sous la forme particulaire, son comportement est plus lié aux sédiments, tandis que la variation des nitrates, qui se retrouvent plus sous la forme soluble, s’apparente plus à celle des débits.

Les propos rapportés dans cet articles sont tirés de Ste-Marie, Alexandre. 2016. Modélisation des exportations de sédiments et de nutriments dans le bassin versant de la rivière Tomifobia dans un contexte de changements climatiques. Mémoire de maitrise, génie civil. Université de Sherbrooke.