Enjeu du PDE :
Problématique priorisée :
PROJET D'ACQUISITION DE CONNAISSANCE DES EAUX SOUTERRAINES DE LA RÉGION DE L'ESTRIE

Personne ressource : Julie Grenier

Date de début : 2018

Date de fin : 2021

Description du projet

L’Estrie n’a pas fait l’objet d’études hydrogéologiques régionales depuis les travaux de McCormack (1979). Conscient du manque d’information concernant l’eau souterraine en Estrie, l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et le Conseil de gouvernance de l’eau des bassins versants de la rivière Saint-François (COGESAF) en collaboration avec le comité de bassin de la rivière Chaudière (COBARIC)  ont développé un projet d’acquisition de connaissances sur les eaux souterraines (PACES) dans la région de l’Estrie.

Territoire d’étude

La région d’étude touche principalement six (6) des sept (7) MRC de l’Estrie : Coaticook, Le Haut-Saint-François, Le Granit, Le Val-Saint-François, Memphrémagog et Sherbrooke et représente une superficie totale de 10 690 km2.

Objectifs

Le PACES Estrie a l’objectif  de dresser un portrait des ressources régionales en eau souterraine pour répondre aux questions suivantes  :

  • D’où vient l’eau souterraine et où va-t-elle?
  • Est-ce que l’eau souterraine est potable?
  • Quelle est la nature des aquifères qui contiennent l’eau souterraine?
  • Quelles sont les quantités d’eau souterraine exploitables de façon durable?
  • Est-ce que l’eau souterraine est vulnérable (quantité et qualité) aux activités humaines?

De plus, le PACES Estrie a les objectifs spécifiques suivants :

  • Accompagner les municipalités pour la protection de leurs sources d’eau potable selon les exigences du RPEP;
  • Aborder des problématiques régionales spécifiques à l’Estrie sur les eaux souterraines;
  • Implanter des puits d’observation pour compléter le Réseau de suivi de l’eau souterraine du Québec (RSESQ) grâce au support du MELCC.
  • Effectuer des travaux de sondages exploratoires (INRS) afin de mieux définir le contexte stratigraphique et la qualité de l’eau des aquifères granulaires de certains secteurs d’intérêts;
  • Assurer le transfert des connaissances aux partenaires régionaux et faciliter l’utilisation des résultats obtenus grâce à une participation aux activités de transfert qui seront développées et mise en œuvre par l’UQTR.
Étapes et calendrier de réalisation

Le tableau suivant présente les grandes étapes (phases) de réalisation du PACES Estrie sur une période de trois ans. Globalement, la 1ère année est dédiée à la collecte des informations existantes, la 2e année implique la réalisation d’une caractérisation ciblée sur le terrain, notamment l’échantillonnage de l’eau souterraine à des fins d’analyse chimique, et la 3e année porte sur la production des livrables cartographiques finaux et du rapport de projet. Le tableau 4 donne plus de détails sur les activités qui sont prévues à l’intérieur de chaque phase. Les travaux devraient se dérouler entre avril 2018 et la fin mars 2021, alors que les versions préliminaires des livrables devraient être soumises au MELCC. Quelques mois seront requis par la suite pour la correction des livrables et la transmission de la base de données.

Phase I

2018-2019

Collecte des données existantes (forages, cartes, rapports…), identification des préoccupations régionales

Rapport Intérimaire

Phase II

2019-2020

Travaux complémentaires de caractérisation sur le terrain (forages, échantillonnage de l’eau souterraine, sondages…)

Rapport d’étape

Phase III

2020-2021

Synthèse des données, production des livrables et transfert aux partenaires (rapport final, cartes et base de données)

 

Équipe de réalisation

L’organigramme suivant montre la structure organisationnelle du projet. Cette structure a pour but d’assurer une bonne communication entre l’équipe de réalisation du projet et les partenaires régionaux et de permettre aux partenaires de suivre et d’orienter le projet. En plus des MRC couvertes par le projet, d’autres organisations régionales seront aussi invitées en tant que partenaires du projet, notamment la Direction régionale du MAPAQ ainsi que l’Union des producteurs agricoles (UPA). Les municipalités de la région seront impliquées et elles pourront bénéficier des résultats du projet pour supporter la protection de leurs approvisionnements en eau. Les partenaires régionaux des MRC seront mis à contribution pour 1) contribuer à l’assemblage des rapports existants pertinents sur les eaux souterraines, 2) faire l’identification des problématiques régionales et des secteurs d’intérêt particulier, 3) faciliter les accès aux propriétés pour les travaux terrain et 4) définir les priorités régionales pour la gouvernance et la gestion des ressources en eau souterraine afin d’assurer la pérennité de leur exploitation.

Le projet devrait avoir des retombées régionales importantes, notamment des connaissances approfondies sur les ressources en eau souterraine sur l’ensemble de la région d’étude avec un accès à de l’information validée sous forme électronique et de rapport. Ces connaissances, supportées par les activités de transfert, devraient permettre aux partenaires régionaux d’assurer une bonne gouvernance des ressources en eau souterraine et d’amorcer leur gestion et protection. Le projet va aussi impliquer une amélioration considérable du réseau de suivi (RSESQ) dans la région d’étude, ce qui va permettre de suivre l’évolution de la ressource dans le temps. La meilleure connaissance sur le système aquifère régional va aussi orienter les futures recherches en eau, notamment grâce à une meilleure définition du potentiel aquifère des dépôts meubles. La considération de ces connaissances sur les ressources en eau souterraine pourra aider à l’orientation du développement régional en fonction de la disponibilité et de la vulnérabilité de ces ressources. Même après la finalisation du projet, l’INRS, le COGESAF et le COBARIC vont continuer à supporter les partenaires régionaux sur les enjeux reliés aux ressources en eau souterraine dans la région.

Résultats

Phase 1

100%

La première phase du projet vise à faire le bilan des études existantes. L’ensemble des partenaires du milieux, incluant toutes les municipalités, on été sollicités afin de partager toutes les études hydrogéologiques pouvant donner à l’équipe d’analyse les bases qui leur permettront de faire un premier portrait des eaux souterraines dans la région.

Pour en savoir plus : Rapport Final – Phase 1

Phase 2

100%

Lors de la phase 2, plusieurs activités d’acquisition de connaissances directement sur le terrain se sont effectuées. En effet, afin d’obtenir des informations complémentaires ou manquantes, l’équipe du projet PACES à effectuer des forages pour l’installation de puits d’observation et à procéder à de nombreuses et diverses analyses d’eau partout en Estrie. Il y a donc 10 puits d’observation qui ont été créés, dont 9 ont été forés pour les besoins du projet. Un nombre impressionnant de résidences ont été ciblées afin d’effectuer des analyses. Un total de 151 puits privés de résidents de l’Estrie ont été échantillonnés à l’été 2019. Pour ajouter à ces analyses, 15 municipalités ont aussi participé au projet en permettant à l’équipe du projet PACES d’effectuer des analyses isotopiques détaillées.

Pour en savoir plus: Rapport de la phase 2

Liens supplémentaires

Phase 3

50%

La phase 3 et finale de ce projet sera l’intégration et l’analyse de toutes les données recueillies pendant les phases 1 et 2. Un rapport ainsi que des cartes hydrogéologiques seront produits ainsi que l’identification des menaces et enjeux afin de mieux protéger et gérer l’eau souterraine en Estrie. Les résultats finaux seront aussi communiqués avec les partenaires et le public.

Projets en cours

Responsable : Jimmy Mayrand, Université Laval sous la direction du COGESAF

Une démarche d’intégration des connaissances sur les eaux souterraines dans les Schémas d’aménagement est en train de se réaliser sur le territoire de la région administrative de l’Estrie. Cette collaboration se réalise avec la MRC de Coaticook et la MRC de Val-Saint-François. Cet essai s’inscrit dans un projet de l’Université Laval avec le groupe de recherche en aide à la décision environnementale (GRADE) diriger par la professeure Roxane Lavoie et l’INRS avec le professeur René Lefebvre portant sur l’acquisition de connaissances sur l’eau souterraine en Estrie (PACES-Estrie). Ce projet vise à l’appropriation des connaissances concernant les eaux souterraines par deux MRC de l’Estrie, par la sensibilisation et la collaboration, afin de favoriser la considération de l’eau souterraine dans son schéma d’aménagement et développement. À terme, le projet permettra de réaliser un protocole pour l’intégration des eaux souterraines au sein des schémas d’aménagement et de développement (SAD).

Les objectifs du projet

  1. Identifier les connaissances sur les eaux souterraines qu’il est essentiel d’intégrer dans un schéma d’aménagement et de développement ainsi que les mesures et les outils disponibles pour ce faire;
  2. Identifier les besoins et les contraintes en matière d’eau souterraine auprès des acteurs clés;
  3. En fonction des enjeux reliés à l’eau souterraine dans cette région, proposer des éléments à intégrer dans le SAD, qui contribuent à la pérennité de l’exploitation de l’eau souterraine dans une MRC de l’Estrie;
  4. Réaliser un protocole afin de supporter les intervenants en aménagement du territoire dans l’intégration des eaux souterraines dans la planification territoriale.

Responsable : Renaud Delisle, Université Laval sous la direction du COGESAF

L’objectif général des travaux était de développer une stratégie d’implication des partenaires en vue d’élaborer un plan d’action sur les eaux souterraines pour le COGESAF et le COBARIC.

L’équipe de projet s’est basée sur les préoccupations formulées par des acteurs de l’Estrie lors de l’atelier #1 du RQES pour sélectionner 2 enjeux concernant les eaux souterraines, soit : 1) la dégradation des zones de recharge en regard aux activités anthropiques et 2) la santé des propriétaires de puits privés en lien avec la présence de manganèse et d’arsenic d’origine naturelle dans l’eau souterraine. Ces enjeux ont été retenus en raison de leur représentativité régionale et de la capacité pour les partenaires de les gérer en fonction des ressources dont ils disposent.

L’implication des partenaires s’est faite par l’entremise de trois ateliers collaboratifs. Le projet ayant une durée limitée, une analyse des partenaires a été réalisée afin de cibler ceux qui ont le plus d’influence et d’intérêt par rapport aux enjeux. Chaque atelier portait sur un seul enjeu et comportait un transfert de connaissances scientifiques s’appuyant sur une série d’indicateurs facilitant la compréhension de l’enjeu. La majorité d’un atelier était dédiée aux questions et aux échanges entre partenaires afin d’identifier des actions envisageables par rapport à l’enjeu.

À la suite des ateliers, le chargé de projet a colligé les actions et les constats qui s’en dégageaient pour élaborer une ébauche de plan d’action. Cette ébauche comportait une dizaine d’actions articulées autour de deux objectifs du COGESAF soit : 1) acquérir de l’information sur la qualité de l’eau souterraine, sa quantité et sa vulnérabilité dans l’ensemble du bassin versant et 2) assurer la qualité de l’eau des puits individuels des résidents du bassin versant.

L’ébauche de plan d’action a fait l’objet d’une étape de validation lors d’un 4e atelier collaboratif auquel étaient conviés l’ensemble des partenaires rencontrés précédemment. L’atelier s’est déroulé en 3 sous-groupes, chacun s’attardant à 4 actions. Chaque sous-groupe s’est questionné sur l’importance des actions, sur les ressources nécessaires à leur mise en œuvre ainsi que sur les partenaires qui devraient réaliser ces actions. Les commentaires sur les actions ont ensuite été présentés par les partenaires lors d’une séance plénière.

L’information et les commentaires tirés de l’atelier de validation ont été analysés pour en dégager les éléments permettant de bonifier l’ébauche de plan d’action. Ces éléments ont été intégrés dans une version révisée du plan d’action qui a été remise aux OBV.

Partenaires

Institut national de la recherche scientifique (INRS)

Le responsable du PACES Estrie à l’INRS sera le professeur René Lefebvre qui réalise des travaux de cartographie hydrogéologique depuis 1995. Il sera accompagné des personnes suivantes:

  • Jean-Marc Ballard, professionnel de recherche à l’INRS, BAC en génie civil de l’Université Laval et maîtrise en hydrogéologie de l’INRS.
  • Mélanie Raynauld, professionnelle de recherche à l’INRS, BAC en génie géologique de l’École Polytechnique de Montréal et maîtrise en hydrogéologie de l’INRS.
  • François Huchet, professionnel de recherche à l’INRS, BAC en génie géologique de l’université de Rennes et maîtrise en hydrogéologie de l’INRS.

L’équipe de réalisation des travaux recevra l’appui des personnes suivantes pour la réalisation d’aspects spécialisés des travaux :

  • Harold Vigneault, professionnel de recherche à l’INRS, BAC en génie physique de l’Université Laval et maîtrise en hydrogéologie de l’INRS.
  • Marc Laurencelle, stagiaire postdoctoral à l’INRS, géographe, maîtrise en hydrogéologie de l’Université de Rennes 1 et doctorat en hydrogéologie de l’INRS.
  • Jean-Sébastien Gosselin, stagiaire postdoctoral à l’INRS, BAC en génie mécanique de l’université Laval et doctorat en hydrogéologie de l’INRS.
COGESAF

Julie Grenier jouera le rôle de coordinatrice des partenaires régionaux et assurera un support logistique en plus de participer activement à la réalisation des différentes activités du projet avec l’INRS.

COBARIC
Ghassen Ibrahim fera le lien avec le milieu municipal du bassin versant de la rivière Chaudière touchée par le PACES-Estrie

Financement

Le budget de réalisation du projet repose principalement sur une subvention de 1,5 M$ du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC). Le PACES Estrie profite aussi de l’appui monétaire et de la participation de toutes les Municipalités régionales de comté (MRC) comprises dans la région d’étude. Ce joignent également au comité de projet le COGESAF, le COBARIC et l’UPA.